La STO accentue la pression pour financer ses nouveaux autobus
Par Ani-Rose Deschatelets, Le Droit
28 mai 2026 à 15h00
La Société de transport de l’Outaouais (STO) attend toujours un financement de la province pour l’achat de nouveaux autobus qui doivent se joindre à la flotte en 2027. Les véhicules étant déjà commandés, la STO multipliera les démarches politiques «nécessaires» auprès de Québec pour obtenir l’octroi.
Le président de la STO, Edmond Leclerc, a indiqué jeudi, en marge de la séance du conseil d’administration, avoir sollicité le ministre des Transports et de la Mobilité, Benoît Charette, afin que soit tenue une rencontre pour dénouer l’impasse. La mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, ferait également partie de la rencontre.
La STO a déjà commandé une flotte de 20 autobus électriques qui doivent se joindre à ses rangs l’an prochain.
«On en a déjà parlé. C’est un enjeu opérationnel important, le vieillissement de la flotte d’autobus. On doit la renouveler et, à l’heure actuelle, on demeure sans financement, a soutenu M. Leclerc. Ça veut dire que pour financer des autobus en 2027, il faudrait qu’on aille puiser dans d’autres projets qui sont vraiment réduits à pas grand-chose, hormis le Rapibus. Et c’est la dernière chose qu’on veut faire.»
Plus tôt cet hiver, le gouvernement du Québec tardait à confirmer que la STO allait avoir les sommes requises pour le prolongement du Rapibus vers l’est.
Edmond Leclerc avait finalement annoncé à la fin avril que le projet pourrait aller de l’avant, alors qu’une somme de plus de 142 millions de dollars y avait été allouée dans le Plan québécois des infrastructures (PQI). À l’heure actuelle, les enjeux de financement des PQI sont généralisés à travers les sociétés de transports en province, ajoute le président.
«Le choix ne se fait pas entre le prolongement du Rapibus et des nouveaux autobus, a-t-il ajouté. Ça nous prend des autobus d’abord et avant tout, c’est la base de nos opérations. Je comprends et je suis très fier que nos démarches aient été entendues pour le projet du prolongement du Rapibus, mais il ne faut jamais que ce soit aux dépens du financement des autobus.»
M. Leclerc rappelle d’ailleurs s’être assis avec le ministre des Transports de l’époque, Jonatan Julien en lien avec le financement du Rapibus et que cette rencontre avait porté ses fruits. Il se dit optimiste qu’un scénario semblable puisse être envisageable.
«Je prône l’approche collaborative. Je veux que le gouvernement continue d’avoir une oreille attentive à nos demandes et quand on explique, on finit par se comprendre.»
Un autre cinq ans pour le directeur général
Par ailleurs, le CA de la STO a également entériné jeudi le renouvellement du contrat de son directeur général, Patrick Leclerc, pour les cinq prochaines années.
M. Leclerc est arrivé à la tête de la Société en mai 2021. Il restera donc en poste jusqu’au printemps 2031.
«C’est clair que le transport en commun doit être considéré de façon très sérieuse. C’est la pierre angulaire pour être en mesure d’adresser les enjeux de mobilité dans les villes», a réagi Patrick Leclerc, assurant avoir l’équipe en place à ses côtés à la STO pour faire face aux défis du secteur au cours des prochaines années.
«On parle beaucoup du coût de la vie. Le transport en commun en fait partie, dit-il. Il ne faut pas le laisser tomber.»
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