Centre des congrès: le SLO rêve à plus grand d’ici cinq ans
Par Daniel LeBlanc, Le Droit
22 novembre 2024 à 04h06
À l’étroit plus que jamais dans l’actuel Palais des congrès de Gatineau, son lieu hôte depuis 1982 et où ça peut devenir «désagréable» lorsque l’achalandage est à son plus haut, le Salon du livre de l’Outaouais (SLO) ne cache pas rêver plus tôt que tard à un tout nouveau centre des congrès.
«Évidemment, le plus vite c’est le mieux. Ce serait utopique de ma part de dire que je le veux absolument pour notre 50e anniversaire (qui sera célébré en 2029), mais ce serait bien, lance d’emblée la directrice générale de l’événement, Mélanie Rivet. Je sais à quel point c’est complexe et long, ça peut s’allonger. On m’interviewe là-dessus depuis 2020 et on en parle encore, alors on verra pour la suite.»
Rappelons que doter Gatineau d’un centre des congrès flambant neuf s’avère un engagement du premier ministre Legault pour l’Outaouais et qu’on a appris dans les dernières heures que devant le fait que le projet «vivote», la mairesse Marquis-Bissonnette compte prendre les rênes pour la suite du dossier en co-présidant un comité de pilotage avec la directrice générale de Tourisme Outaouais, Geneviève Latulippe. On évoque la possibilité d’un partenariat avec le privé et d’un financement municipal, tout en réclamant les 50 millions promis par Québec.
Qu’importe de qui proviendra le financement et quelle forme prendra le projet au final, le SLO sait que le besoin d’avoir un espace plus grand se fait sentir et lui permettra d’innover davantage et l’élargir l’offre aux milliers de visiteurs. Ils étaient d’ailleurs plus de 40 000 en février dernier.
«On tente d’améliorer les choses, mais on ne peut pas faire de miracles, on ne peut pas défaire les murs. On fait avec ce qu’on a», soutient Mme Rivet, rappelant que le lieu actuel demeure malgré tout le plus convenable pour les besoins du plus grand événement culturel d’ici, dans les circonstances.
De nombreux irritants
Même si le succès est toujours au rendez-vous, les défis sont multiples en matière d’espace pour le SLO dans l’immeuble du boulevard Maisonneuve construit à la fin des années 70.
«Ce qui est difficile présentement, c’est l’accueil des visites scolaires, entre autres (en semaine). On a une capacité de 9500 élèves maximum, alors qu’on a tout le territoire de l’Outaouais et de l’Ontario, près de la frontière. On a même des groupes de Saint-Jérôme qui viennent, dit-elle. Alors on doit refuser beaucoup de gens chaque année, dans des plages horaires clés. On aurait deux, trois fois plus de clientèle scolaire si on avait plus d’espace. Pensons notamment au centre des congrès de Québec, où l’espace est bien plus grand.»
À titre comparatif, alors que le Palais des congrès de Gatineau a une superficie de 52 000 pieds carrés à offrir, le centre des congrès de Lévis offre un espace de 80 000 pieds carrés, alors que celui de Québec a une superficie de 300 000 pieds carrés. À Sherbrooke, le centre des foires a des espaces totalisant 60 000 pieds carrés. Le projet dans les cartons pour Gatineau permettrait d’augmenter celle-ci de plus de 60 % avec 85 000 pieds carrés.
Mélanie Rivet affirme que l’accueil de la clientèle scolaire est certainement un «gros enjeu» qui pèse lourd dans la balance.
La configuration de l’édifice est certes un défi, rappelle la directrice générale du SLO, faisant allusion aux deux grandes salles indépendantes l’une de l’autre.
«Il y a du bon là-dedans pour certains types d’événements, mais pour nous, c’est un bon défi. Il y a beaucoup de monde et ils ne se rendent pas toujours compte qu’il y a deux salles, raconte Mme Rivet. Chaque année, il y a des gens qui nous disent ne pas avoir vu tel livre, tel éditeur, etc. On met le plus de signalisation possible.»
Celle-ci admet que lors de périodes de pointe, celles où le plus de gens sortent pour visiter l’événement simultanément – on peut notamment penser au samedi après-midi –, l’expérience peut devenir «désagréable». Du lot, certains rebroussent chemin.
«On travaille beaucoup pour mettre des bancs, un espace lounge, mais il y a aussi des contraintes d’espace dans ce temps-là. Il faut toujours un équilibre entre l’espace et le nombre d’exposants qu’on peut accueillir», lance-t-elle.
Autobus et voiture, deux réalités
La gestionnaire rappelle que l’actuel Palais des congrès, malgré certains éléments qui font grimacer, reste très bien situé au centre-ville et est accessible facilement en autobus.
«Par contre, pour ceux qui doivent venir en voiture, le stationnement est miniature par rapport à l’ampleur de notre événement, alors c’est extrêmement difficile. Il y a des enjeux de sécurité aussi pour les autobus scolaires, on doit mettre beaucoup de monde sur le terrain (pour la sécurité, etc.)», explique-t-elle.
Le site du prochain centre des congrès devra d’ailleurs, à ses yeux, impérativement être facilement accessible par transport en commun et par véhicule au plus grand nombre de gens possible.
«Le Vieux-Hull est-il le seul endroit? Peut-être pas, mais il y a une tradition de diversifier ce coin-là en hiver, on est l’événement phare culturel de l’hiver et ça permet de donner de l’amour au centre-ville, ajoute Mme Rivet. J’ai déjà entendu dire qu’on visait peut-être aussi le site de Zibi, ce serait stratégique comme espace, ça créerait encore plus une attraction pour Ottawa, ce serait plus visible de la rivière.»
L’organisation rappelle qu’elle a évalué au fil des ans des endroits comme le Hilton Lac-Leamy, le Complexe Branchaud-Brière ou, plus récemment, le Centre Slush Puppie. Mais chaque fois, nonobstant les enjeux, l’option du Palais des congrès demeure la plus plausible.
«Rien ne répond à nos besoins. On a besoin de l’équivalent d’environ 200 kiosques et chacun est l’équivalent (en superficie) de 10 pieds par 10 pieds, sans compter qu’on doit ajouter des corridors, des scènes, de dire Mme Rivet. Et au-delà de l’infrastructure, il y a un investissement financier supplémentaire pour habiller l’espace dans d’autres endroits comme les arénas.»
La location des lieux de même que celle des décors sont, précise-t-elle, de loin les deux principales dépenses du SLO (plus de 50 %).
«Même si l’équipe du Palais des congrès est extraordinaire, on a développé beaucoup de partenariats avec divers organismes, alors on suscite de plus en plus d’intérêt. C’est un réel enjeu (l’espace)», conclut-elle.
Le 46e SLO aura lieu du 20 au 23 février prochain.
https://www.ledroit.com/actualites/2024/...ici-cinq-ans-542CO3GUZVFP5DBGJOWQXFF3O4/