Daniel Bouchard se retire après 40 ans à Radio-Canada
Par Mario Boulianne, Le Droit
26 mars 2026 à 17h20
Il aura fait partie de la famille pendant quatre décennies, mais il demeure avant tout un journaliste intègre et près des gens.
Daniel Bouchard mettra fin à une carrière de 40 ans à Radio-Canada après son dernier bulletin de nouvelles à l’antenne de Radio-Canada qu’il livrera, le dimanche 26 avril, à son pupitre du Téléjournal Ottawa-Gatineau week-end.
Quarante ans à couvrir des événements exceptionnels, mais aussi « à faire des rencontres exceptionnelles », a-t-il confié au Droit en fin de journée, jeudi.
« Il est loin le petit gars de Québec qui, un jour, a décidé de déménager en Ontario pour apprendre l’anglais, se rappelle-t-il. C’est à Sudbury en 1986, à la radio de Radio-Canada, que j’ai vraiment découvert le métier. J’étais alors entouré de journalistes d’expérience qui m’ont tout appris. »
Après quelques années dans le nord de l’Ontario, Daniel Bouchard est revenu vers le sud pour s’installer à Ottawa afin de faire le saut à la télé de la société d’État.
« On m’a envoyé en Somalie dès mon arrivée à Ottawa, c’était en 1993, se souvient-il. À ce moment, j’y étais pour la radio, mais nos patrons à la télé m’ont demandé de faire des reportages à Mogadiscio alors que l’armée canadienne y était alors intervenue. Donc, mes deuxième, troisième et quatrième reportages télé à vie ont été réalisés en Somalie. »
Cette anecdote n’est pas anodine puisque le jeune journaliste s’est servi de cette expérience de terrain pour forger une grande carrière qui l’a amenée un peu partout sur la planète.
Le Sommet de la Terre à Rio, l’ouragan Mitch au Honduras, les attentats du 11 septembre à New York et la tempête tropicale Jeanne en Haïti ne sont que quelques exemples de son engagement envers le journalisme.
« Mon métier m’a permis de vivre des expériences hors du commun, dit-il avec une pointe de nostalgie. Mais ce sont les gens que j’ai croisés qui m’ont le plus appris. Servir l’intérêt du public est pour moi une vocation que j’ai toujours aujourd’hui. »
Malgré toutes ces interventions outre-mer, c’est de son travail ici, à Ottawa et en Ontario français, que Daniel Bouchard fut le plus fier.
« Ma carrière est alignée sur l’histoire des Franco-Ontariens et des grandes luttes francophones de l’Ontario, relate-t-il. J’ai été présent dans des moments cruciaux de l’histoire franco-ontarienne. Que ce soit le combat pour l’hôpital Montfort ou le Grand rassemblement de 2018, j’ai toujours voulu être au cœur du débat pour comprendre et aussi faire comprendre cette réalité. »
Près des gens…
Né de cette vague de journalistes qui vivaient l’actualité en temps réel, Daniel Bouchard se sent privilégié d’avoir pu exercer son métier dans les meilleures conditions possibles.
« Je suis de ces chanceux qui pouvaient aller au cœur des événements, là où se déployait la nouvelle, ajoute-t-il. Je suis de cette mode de journalisme à la CNN, à la Anderson Cooper. »
Parmi les nombreuses personnes qui ont croisé sa route durant sa carrière, le nom de Michel Picard lui revient en tête spontanément.
« Michel Picard est important pour moi non seulement pour ses conseils et son empathie, mais également pour sa grande passion du métier, ajoute-t-il. Michel aime profondément les gens. C’est sans doute le plus bel exemple de journaliste de proximité qui existe. Il m’a énormément inspiré tout au long de ma carrière. »
Daniel Bouchard se retire de ce métier de journaliste avec l’impression d’avoir fait le tour et qu’il est temps de laisser la place aux plus jeunes.
« Ma carrière m’a amené au-delà de toutes mes espérances, avoue-t-il. J’ai accompli ce que je voulais et même plus. Aujourd’hui, je peux dire mission accomplie. »
… et de sa famille
Daniel et sa conjointe Frances Serpell pourront, d’ici quelques semaines, profiter de jours plus calmes.
Le nouveau retraité est aussi très fier de sa famille. Son fils Julien, qui est fonctionnaire fédéral, ainsi qu’Isabelle, qui est médecin à l’urgence de l’Hôpital de Hull, lui apporte beaucoup de bonheur.
Et ce bonheur sera encore plus grand alors que sa fille lui promet un petit-fils pour la fin de l’été.
« C’est le plus beau cadeau de retraite que j’aurais pu imaginer », a-t-il conclu.
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