Avenir incertain pour les piscines publiques de Gatineau
Par Sarah-Jeanne Tremblay, Le Droit
16 juillet 2025 à 14h54
Tandis que le nombre de bris se multiplie dans les piscines publiques de Gatineau, l’ancien maire et conseiller municipal Marc Bureau demande que la Ville leur accorde davantage d’argent.
«Je l’ai mentionné en novembre, lors du dernier budget. On met peu d’argent dans la prévention et dans l’entretien de nos piscines extérieures», déplore M. Bureau, qui représente le district Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond.
«On dirait qu’on veut probablement les fermer à long terme, car c’est plus simple de faire des jeux d’eau que de maintenir une piscine», ajoute-t-il.
L’ancien maire a choisi de tenir son point de presse en pleine canicule mercredi au parc Eugène-Sauvageau.
Trouver d’autres alternatives
La piscine du parc Eugène-Sauvageau, sur la rue Mutchmore, est fermée depuis le début de l’été en raison, entre autres, d’une malfonction de la pompe. Beaucoup de personnes qui utilisent normalement cette piscine doivent donc trouver des alternatives pour se rafraîchir.
«On est dans un quartier à indice de défavorisation très grand et un secteur très multiculturel, indique M. Bureau [...] Souvent, les locataires n’ont pas d’air climatisé, n’ont pas d’auto pour se rendre à une autre piscine et doivent le faire à pied.»
La Maison d’accueil Mutchmore, située à proximité, organise chaque année des camps de jours qui utilisent la piscine. Moniteurs et enfants doivent, cet été, se déplacer à pied vers d’autres piscines pour se rafraîchir.
«Avec les plus petits, on se rend les lundis et vendredis à Laurent-Groulx et avec les plus grands, c’est les lundis, mardis et mercredis à Bisson», explique le directeur de la maison d’accueil, Daniel Labrèche.
Il explique qu’une situation similaire s’est aussi produite il y a quatre ans. «On a fait une grande pression parce qu’ils pensaient la fermer dans ce temps-là, mais Mme Boudrias nous a aidés à garder notre piscine ouverte», raconte M. Labrèche.
Nombre limité de piscines
Gatineau, quatrième ville la plus peuplée du Québec, possède présentement neuf piscines publiques extérieures et six pataugeoires. La plupart de ces installations se trouvent dans le secteur de Hull.
Marc Bureau plaide que Laval et Longueuil, les troisième et cinquième villes les plus peuplées, ont chacune une trentaine de piscines publiques extérieures. Montréal, elle, en a environ 140.
Les piscines publiques de la Ville sont très achalandées, fait valoir M. Bureau. Il donne l’exemple de la piscine inaugurée en 2022 dans le district de Masson-Angers, qui est très populaire.
La piscine du parc Eugène-Sauvageau a une capacité maximale de 150 baigneurs.
«Ça fait depuis 2017 que je suis à la Maison d’accueil, et ça fait depuis 2017 que je me rends compte que cette piscine est pleine pendant la journée, indique Daniel Labrèche. Il n’y a pas juste mon camp de jour, il y a aussi une petite garderie et un camp de jour de danse sur le boulevard Saint-Joseph qui utilisent normalement la piscine.»
Prévenir plutôt que guérir
Marc Bureau déplore que le budget destiné aux piscines publiques de Gatineau diminue d’année en année, tandis que le besoin est grandissant, puisque « les installations sont vieillissantes».
«Chaque piscine extérieure a ses enjeux», mentionne-t-il. «Par exemple, à Bisson ou au parc Larocque, les bâtiments ne sont pas en condition et il y a souvent des bris».
Les piscines publiques pourraient être des endroits utilisés pour donner des cours de natation, des activités de water-polo ou de plongeon, propose-t-il.
«On doit mettre un budget là-dessus et pas seulement agir dans l’urgence», affirme M. Bureau.
https://www.ledroit.com/actualites/actua...-de-gatineau-WYUKK5YP35G73NSA4JI7BCWXZY/