Un projet de 160 chambres pour les étudiants collégiaux à Gatineau
Par Daniel LeBlanc, Le Droit
23 janvier 2026 à 04h00
Le Cégep de l’Outaouais franchira un nouveau pas dans l’élargissement de l’offre de logement étudiant pour répondre aux besoins croissants: un immeuble de 160 chambres en formule clé en main s’apprête à être érigé dans le secteur Hull.
L’établissement d’enseignement supérieur a conclu une entente avec la Fondation Cargo en vue de la construction d’un édifice de six étages dont toutes les chambres seront réservées en priorité aux étudiants.
Le bâtiment, qui aura pignon sur rue au 281, boulevard Saint-Joseph, à l’angle de la rue Nicolet, sera livré durant l’année scolaire 2027-2028. Les édifices à vocation commerciale et résidentielle situés à cet endroit, qui ont atteint la fin de leur vie utile, seront démolis.
«On y travaille [sur ce projet] depuis maintenant un an. [...] La Fondation Cargo, sa mission, c’est de reposséder des bâtiments se sorte à les détenir à perpétuité pour maintenir l’abordabilité, de sorte que ça ne devienne plu des actifs qui servent à de la spéculation et à de l’enrichissement immobilier», clame Steve Brabant, directeur général du Cégep de l’Outaouais.
Chaque logement étudiant, offert à un prix abordable et déjà meublé, inclura l’ensemble des services essentiels – électricité, chauffage, eau chaude et Internet – afin de créer «un milieu de vie stable, sécuritaire et financièrement prévisible, favorable à la réussite éducative», explique-t-on.
Situé à un endroit qualifié de «stratégique» par rapport aux trois campus collégiaux, l’immeuble Projet Cargo pourra voir le jour grâce à une entente de cautionnement par le Cégep de l’Outaouais. Cette mesure garantira un seuil minimal de taux d’occupation des 160 logements.
Rappelons que 10 % des étudiants du Cégep de l’Outaouais habitent à plus de 60 km des campus et que le taux d’accessibilité aux études de niveau collégial en Outaouais est de 55 %, une douzaine de points sous la moyenne québécoise (67 %).
Québec participe sous forme de «filet de sécurité» en offrant la mesure garantie de location visant le logement étudiant, ce qui fait dire à Steve Brabant que le projet est «à risque nul» sur le plan financier pour le Cégep.
La garantie consiste à ce que si le taux d’occupation chutait sous les 50 %, le ministère de l’Enseignement supérieur s’engage pour une période de deux ans à couvrir une portion de 15 % (10 mois sur 12 par an) des 80 chambres, jusqu’à concurrence d’une somme de 140 000 $.
«C’est l’équivalent de 12 chambres [inoccupées], ce qui totalise 92 chambres. Mais ce sont des circonstances improbables, voire impossibles, on s’entend, car notre prétention, c’est que ça va être rempli à 120 %, dans la mesure où la demande excède largement l’offre», affirme le directeur général.
Feu rouge aux résidences étudiantes
Soulignant «la détermination et la créativité» dont fait encore preuve l’institution avec des partenaires privés, ce dernier applaudit le fait que «contre toute indication quant à ce qui est conventionnel, on parvient à créer une offre de logement abordable» pour la communauté collégiale, dans le contexte des finances publiques difficiles à Québec.
«Ça fait 60 ans [le Cégep a été créé en 1967] qu’on attend après le gouvernement, donc ce n’est plus le temps d’attendre, il est temps d’agir. C’est ce qu’on fait de manière responsable, lance-t-il. J’ai reçu des indications claires comme de l’eau de roche de la part du ministère que financer la construction de résidences ne faisait plus partie du core business et qu’il n’y aurait plus, sauf exception, d’investissements pour construire de nouvelles résidences dans le réseau collégial, à tout le moins d’ici 2030.»
«Nous, on a réalisé en octobre un nouveau sondage auprès de nos étudiants pour vraiment préciser quel est leur seuil de tolérance et d’abordabilité. On nous clairement exprimé que c’était entre 600 et 690 $ tout compris, donc on est vraiment dans ces eaux-là, dit M. Brabant. On est aussi dans des prix comparables à l’offre de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), c’est-à-dire de leurs résidences actuelles, mais aussi leur nouvelle, qui, il ne faut pas l’oublier, est massivement fiancée par le public.»
Mobilité active
Daniel Sévigny, associé et directeur général de la Fondation Cargo, salue la réalisation prochaine du projet en collaboration avec le Cégep et la Ville.
La députée de Hull, Suzanne Tremblay, croit que le projet arrive à point nommé dans le contexte actuel, surtout sur un territoire aussi vaste que l’Outaouais.
«Ce projet concret répond directement aux réalités vécues par nos jeunes, dans un contexte de forte pression sur le marché locatif», plaide-t-elle.
==SNIP==
https://www.ledroit.com/actualites/educa...x-a-gatineau-VCPCZ7BS5VG65P2KPP5BFLIMFM/