Glad to see they are finding success in Ottawa.
Les Titans d’Ottawa, autopsie d’un succès inattendu
Par Julien Paquette, Le Droit
15 mars 2026 à 04h05
Il n’y a pas si longtemps, tout semblait jouer contre les Titans d’Ottawa. En plus de lancer ses activités en pleine pandémie, le club devait vivre avec la perception tenace que le baseball professionnel était voué à l’échec dans la capitale du Canada. Le 8 mai prochain, ils s’apprêtent à battre un record d’assistance de la Ligue Frontière.
Pour mousser son match d’ouverture locale l’an dernier, les Titans ont frappé un grand chelem en offrant un chandail officiel de l’équipe aux 3500 premières personnes à entrer dans le Stade d’Ottawa.
«Nous nous disions qu’avec 3500 chandails disponibles, on attirerait peut-être 5000 personnes, mais ça largement dépassé ce chiffre», raconte le directeur général des Titans, Martin Boyce.
Au final, plus de 7000 personnes ont assisté à cette rencontre face aux Capitales de Québec. Environ la moitié de ces billets ont été vendus dans les cinq jours avant la tenue de cette partie.
Contre ces mêmes Capitales, le 8 mai prochain, l’équipe d’Ottawa répétera l’expérience et offrira cette fois 5000 chandails
L’objectif avoué est de remplir le Stade d’Ottawa pour la première fois depuis un match des Lynx d’Ottawa en septembre 2002.
Il s’agirait aussi d’une foule record pour un match de la Ligue Frontière. Ce record — 10 250 personnes — tient depuis 1997.
«Nous comparons les ventes de billet avec ce que nous avions au même point l’an dernier et en ce moment, nous avons confiance que nous allons atteindre notre objectif», se réjouit le directeur général des Titans, Martin Boyce.
Mériter la confiance
Cette promotion n’explique pas à elle seule la popularité de la soirée d’ouverture 2025, soulève le directeur général des Titans. Avant même de penser à une telle initiative, il faut avoir la conviction qu’il y aura des gens dans le stade. Sans quoi, ce coup de marketing sera rien de plus qu’un coûteux coup d’épée dans l’eau.
Les débuts de l’organisation ont été plutôt rudes. La première saison des Titans a été repoussée de deux ans après la fermeture des frontières entre le Canada et les États-Unis en 2020, au début de la pandémie de la COVID-19.
Puis, il fallait confondre les nombreux sceptiques qui ne croyaient pas à la possibilité de voir le baseball professionnel connaître du succès, dans la capitale fédérale.
Difficile de blâmer les résidents d’Ottawa d’avoir douté. Depuis le départ des Lynx d’Ottawa en 2007, ceux-ci ont vu les Fat Cats plier bagage après seulement trois saisons.
Les Champions, malgré des moments prometteurs, sont aussi disparus après la fusion entre la Ligue Can-Am et la Ligue Frontière.
«Le plus grand défi pour nous, c’était de surmonter ces perceptions, explique Martin Boyce. Pour nos trois premières années d’existence, la priorité était vraiment de bâtir un lien de confiance avec la clientèle, nous assurer que les partisans comprennent qu’ils peuvent se préoccuper de nous, parce que nous nous préoccupons d’eux et nous resterons ici à long terme.»
Même si l’équipe s’amenait au bâton avec déjà deux prises au compteur durant sa première saison en 2022, Boyce a toujours cru que l’organisation réussirait à faire vivre le baseball professionnel de manière durable à Ottawa.
«Notre groupe de propriétaires était un facteur important. Ils ont été propriétaires des Goldeyes de Winnipeg pendant une trentaine d’années, alors ils ont beaucoup d’expérience et comprennent ce qui fonctionne dans une ligue mineure», souligne le directeur général.
«Au final, il y a plus d’un million de personnes à Ottawa. Nous n’avons pas besoin que tous ces gens viennent nous voir. Si on cherche à rejoindre environ 10 % d’entre eux, ça semblait déjà plus atteignable. Si nous avions confiance en notre capacité de livrer un bon produit, alors pourquoi pas», ajoute Martin Boyce.
Vive la francophonie
Les francophones de la région de la capitale fédérale font assurément partie des groupes ciblés par les Titans afin de faire sa niche auprès d’une partie de la population d’Ottawa.
Encore une fois cette année, les Titans ont inclus une «Soirée francophone» à leur calendrier. Le samedi 8 août, pour les intéressés.
D’année en année, ce match thématique attire l’une des meilleures foules de la saison pour l’équipe de la Ligue Frontière, révèle le directeur général de l’organisation.
«Ça a commencé comme une façon d’inviter les francophones au stade, leur démontrer qu’ils sont les bienvenus. Ottawa est évidemment une ville bilingue pour la majorité, mais vous remarquez vite que les choses se déroulent un peu partout en anglais d’abord, puis en français ensuite. Pour ce match, c’est le contraire», explique Martin Boyce.
Après un début chaotique en fin de pandémie, les Titans ont tiré des leçons de cette soirée francophone annuelle. Maintenant que la machine est bien huilée, ils peuvent se permettre d’être plus pointilleux lorsqu’ils embauchent du personnel.
«Dans un monde idéal, tous nos employés parleraient français, indique le directeur général. Ce n’est pas toujours possible, mais nous en avons fait notre priorité. Nous voulons que chaque match, en interagissant avec le personnel, les gens se sentent à une soirée francophone.»
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